Notre Gaspésie, en 12 jours.

Notre Gaspésie, en 12 jours.

Partie 1

 

Il est 9 h 30, on part! La voiture est chargée à bloc : une tente, ainsi que le nécessaire pour se créer un p’tit nid douillet. Deux glacières, quelques sacs de nourriture et un p’tit poêle au butane. Un cerf-volant, deux masques de plongée et des jouets de plage. Des vêtements. Beaucoup de vêtements… d’été. Maillots de bain et maillots de vélo. Les vélos sur le toit de l’auto. Des p’tits souliers, des gougounes, des espadrilles, et des bottes de randonnée. Un briquet, des allume-feu et une hache... On était prêt à tout! À tout, sauf aux conditions météo auxquelles nous avons été exposées.

 

JOUR 1 : La route 132  jusqu’à Sainte-Félicité
Km parcourus : 550.
À voir :

  • Route 132 : route des navigateurs, vue panoramique sur le Fleuve St-Laurent.
  • Microbrasserie Tête d’allumette
  • On dort où? : Manoir des sapins.


Il est 9 h 30, nous sommes en route pour la Gaspésie. Après les quelques km habituellement parcourus sur l’autoroute Jean-Lesage… (Oui. Beaucoup de route, ça nous permet de jouer à des jeux merveilleux qui nous apprennent le vrai nom des autoroutes du Québec.) Je disais donc que peu après que nous ayons passé la ville de Québec sur la 20, nous avons rapidement bifurqué vers la route 132 afin de profiter de la vue panoramique que celle-ci nous offrait sur le fleuve St-Laurent.

On fait un premier arrêt à la Halte municipale de St-Jean-Port-Joli pour le dîner. Gazon vert, tables à pique-nique, vue impressionnante sur le fleuve et … le vent. Frette. Malgré le bruit des vagues qui se faisait déjà doux à nos oreilles, on est rapidement retournés dans la voiture pour déguster notre somptueux dessert : un Kinder Surprise. Chanceux que nous sommes, la panthère qu’il contenait nous a gentiment servi de mascotte tout au long du voyage. 

On reprend la route en appréciant le système de chauffage du Subaru. Il n’a fallu que quelques minutes de route pour que la pluie se mêle de la ballade. C’est quand même beau la 132 sous la pluie, mais c’est moins tentant d’arrêter ici et là pour profiter des paysages qu’elle nous offre! Deuxième arrêt : Microbrasserie Tête d’allumette, à Saint-André. Nous avons apprécié ce chouette petit pub. On y a dégusté une bière produite sur place ainsi qu’un verre de Rhum Chic-Choc, question de nous mettre dans le bain. Au menu des amuse-gueules, les « Pogos maison » faits à partir de saucisses au cerf nous ont charmé le palais. Si vous passez dans le coin, on vous les recommande! Un p’tit coup d’œil aux salles de bains tapissées de bandes dessinées est également tout aussi divertissant.

On a finalement pris la décision de se réserver un p’tit coin au sec pour la première nuit du périple. Troisième et dernier arrêt de la journée : le Manoir des Sapins de Sainte-Félicité. Une auberge de jeunesse tenue par un jeune couple. On a aimé l’accueil personnalisé et l’invitation à se joindre à la grande tablée pour le souper. Maman avait cuisiné du bon Cipaille traditionnel ainsi qu’un sorbet maison aux framboises pour le dessert. Notre première journée nous avait déjà épuisés. On s’est endormi au son des vagues qui résonnaient à la fenêtre de notre chambre.

 

Jour 2 : route 132, Direction Parc de la Gaspésie
Km parcourus : 104 en auto,   42 à vélo!
À voir :

  • Éole, à Cap-Chat : Centre d’interprétation de l’éolienne
  • Bistro Chez Valmont, à Cap-chat
  • On dort où? : Un refuge dans le Parc de la Gaspésie


Après nous être fait un petit déjeuner de roi et avoir profité de la cuisine de l’auberge pour nous trancher quelques crudités pour le dîner, nous reprenons la route vers le fameux Parc de la Gaspésie. Il ne pleut pas encore, la route est belle et longue. Nos conversations parlent de tout et de rien, mais aussi des éoliennes qu’on croise de temps à autre depuis notre arrivée en Gaspésie. Quand tout à coup, bonheur à nous! On voit des indications menant au centre d’interprétation de l’éolienne. On y fera un premier arrêt, on y visitera les lieux et bien sûr, on en profitera pour grimper à l’intérieur de la plus grande éolienne verticale au monde! Vertige ou pas, on s’empresse d’enfiler les harnais, d’attacher notre casque et de débuter notre ascension! Au sommet, la vue sur le fleuve y est incroyable. En plus de vivre une expérience nouvelle, notre guide de montée nous renseigne de temps à autre sur ces grosses bêtes à palme blanches et nous fait ses recommandations pour le dîner… :)

Il est presque midi lorsqu’on regagne le sol. On en profite pour effectuer notre réservation d’hébergement pour les deux prochains jours avant d’aller manger. Le ciel se couvre de plus en plus et les prévisions ne donnent pas bon espoir. On choisit un refuge incluant un poêle à bois tout juste au pied du Mont Albert.

Puis, on reprend la route. Par le plus heureux des hasards, la technologie nous a permis de communiquer avec des membres de la famille qui faisaient sensiblement le même parcours que nous, mais en sens inverse. On les croisera pour partager ce repas. En arrivant au village, tout juste passé le pont, on se rend chez Valmont pour déguster Poutine aux crevettes et Club au homard.  Deux délices. Belle ambiance, grosses assiettes, bonne bouffe : on est charmés. Par beau temps, on se fait dire qu’il est également possible de faire la location de kayaks et de partir en randonnée directement à partir de l’établissement. On en prend bonne note pour le prochain voyage. 

Le ciel est gris, mais il ne tombe pas encore de pluie. La route 299 vers le Parc de la Gaspésie n’est pas tellement sinueuse, mais elle offre de belles montées et descente. Ce qui nous donne envie de pédaler un peu avant de gagner notre refuge pour la soirée. De l’entrée du Parc, on pédalera la route vers Sainte-Anne-des-Monts sur une distance de 20 km avant de recevoir les premières gouttes. Pris de peur, on fait demi-tour et on organise une course officielle contre Gros-nuage-noir. Nous, pis nos grosses paires de cuisses musclées, on a gagné. Fatigués, on remet les vélos sur le toit de l’auto, finalise notre inscription au bureau de la Sépaq puis on se rend dans notre refuge pour cuisiner sur le poêle à bois avant de s’endormir pour la nuit. Chanceux que nous sommes, le mauvais temps a fait fuir les touristes. Nous avons l’exclusivité, dans ce chalet de 8 places…

 

 

Jour 3 : Le Mont Albert, Parc de la Gaspésie
Km parcourus : 0 en auto,  un peu trop en rando!
À voir :

  • Des conifères
  • Du brouillard
  • On dort où? : encore dans notre refuge, Parc de la Gaspésie

7 h 15, l’alarme sonne! (Juste comme ça, saviez-vous qu’une des nombreuses possibilités de mélodies pour l’alarme sur iPhone s’appelait « Sommet »? C’est notre préférée quand on doit se lever tôt pour la rando. C’est tout.)

Après s’être étiré tous les muscles au son des p’tits pinsons, on s’est gavé d’une immense omelette au jambon et aux légumes de saison. Les dents brossées, les gros bas enfilés et les bottes bien lassées on a pris notre courage à 4 mains (on était 2!) pis on a emboîté le premier pas vers l’une des plus grosses montagnes du Québec! Malgré notre imperméable bien zippé, il n’a fallu que quelques minutes pour qu’on se sente déjà détrempées. Vous l’aurez deviné, il pleuvait ENCORE! Notre orgueil nous empêchait cependant d’abandonner cette magnifique journée. Remplis d’espoir, on fredonnait des chansons random pour attirer le soleil. Bon, on se demande encore si ce sont nos belles pensées positives ou les arbres de la forêt qui nous tenaient à l’abri, mais on a quand même réussi à écarter quelques nuages. Après tout, c’est nous qui avions gagné la course, la veille! Deux heures plus tard, nous étions au sommet. C’est à ce moment précis que nous avons réalisé pourquoi le guide nous a adressé un « Bonne chance. »,  bien sec, au pied de la montagne. Je vous pari que lui, il savait qu’il ventait à peu près à 150 km/h au sommet, qu’à cette vitesse les gouttes de pluie pince la peau des cuisses et qu’il ne faisait pas ben ben plus que 4 degrés Celsius une fois sortis de la forêt. Pour nous, le magnifique plateau et la vue impressionnante du Mont Albert se sont résumés à une vue magique sur la cime d’une forêt de conifère remplie de brouillard. On a été environ 20 minutes dans la « p’tite cabane non isolée » qui nous a permis de nous remettre des vêtements secs, d’avaler un Wrap et une barre tendre au chocolat qui avaient pour mission de nous redonner assez d’énergie rapidement. On a même tenté quelques jumpings-jack pour se réchauffer, malheureusement sans succès.

 

À GO, on a repassé la porte puis on a tenté de ne pas perdre l’équilibre en courant vers le sentier. Heureusement, ce passage extrême ne durait qu’une 10 aines de minute. En redescendant, on a adressé quelques avertissements aux randonneurs aussi fous que nous, salué quelques pintades sauvages et joué à la cachette avec les petits tamias que nous avons croisés. Un peu plus de 4 heures après notre départ matinal, nous étions de retour au pied de cette grosse bête de la Gaspésie. Vivement le chalet. On a parti le poêle à bois et utilisé tous les crochets du chalet pour suspendre nos vêtements mouillés et crottés! Après une bonne douche chaude, Dame Nature nous a fait un p’tit clin d’œil. On a pu profiter de nos vacances en faisant de la lecture au soleil. On a presque eu envie de retirer nos manteaux tellement il faisait chaud!

Dégustation d’un souper cuit sur le poêle, agrémenté de quelques canettes de Mang-o-rita qui nous descendaient directement dans les jambes. On s’empresse de laver la vaisselle avant de se rendre à l’amphithéâtre et assister à la conférence sur les caribous. Croyez-nous, dès que celle-ci fut terminée, nous avons regagné notre petit nid sans avoir besoin d’une berceuse pour s’endormir!

 

Jour 4 : route 132, direction Est (on ne savait pas encore où on allait s’arrêter)
Km parcourus : 225!
À voir :

  • Les pêcheurs sur le quai à Sainte-Anne-des-Monts
  • Exploramer, Sainte-Anne-des-Monts
  • Saut en deltaplane, Mont St-Pierre
  • Halte municipale, Grande-Vallée
  • Port de Rivière-au-renard
  • On dort où? : Tente prospecteur à Griffon Aventure,  Anse-au-griffon (Gaspé)


Comme d’hab, Jeannie est réveillée depuis bien longtemps, mais la consigne est claire : interdit de réveiller son homme avant 7 h quand on est en vacances! C’est un beau matin où l’on profite une fois de plus du poêle à bois pour se faire des bonnes « toasts du lac » avant de partir. On s’en vient bons. En moins de 30 minutes, on a résolu le Tétris de la voiture. Et hop, on the road again!

Une fois sortie du parc, on en profite pour visiter Ste-Anne-des-Monts. Coup de cœur pour l’église aux toits rouges! C’est peut-être notre déformation du voyage en Italie, mais on a presque envie d’aller la visiter… On est chanceux, il fait un beau gros soleil aujourd’hui. On en profite pour prendre une marche sur le bord de l’eau, sentir le fleuve et socialiser avec les pêcheurs installés sur le quai. Deuxième arrêt : en sortant de Sainte-Anne-des-Monts (Tourelle) tout de suite après le pont, à la halte municipale, une petite cantine rayonne de loin. On y sert les meilleures guédilles au homard ou aux crevettes que nous n’ayons jamais mangées. Assez fournies qu’il était impossible de prendre une bouchée sans en échapper. On s’est rempli le bedon, bien installés sur les tables à pique-nique offrant une magnifique vue sur le fleuve!

On s’arrête ensuite à Mont-St-Pierre, où on pensait bien s’installer pour la nuit. Petit village au creux d’une baie. Maisons colorées, relief escarpé, drapeaux et cerfs-volants décorent le village. C’est avec regrets que Sébastien, le propriétaire de « Vue du ciel » nous apprend que même si les conditions météo permettaient le saut en Deltaplane, les réservations sont déjà complètes pour la journée d’aujourd’hui et de demain. Déçus, on prend quelques minutes pour marcher et s’imprégner du village. On hésite, mais au retour de « Gros-nuage-noir », on prend la décision de quitter l’endroit puisqu’on ne pourra pas sauter, de toute façon. On aimerait bien avoir le temps de monter la tente dans le Parc Forillon avant la tombée des premières gouttes. On roule, on roule, on roule. On s’arrête quelques minutes à la Halte de Grande-Vallée pour se dégourdir les jambes. La vue est délicieuse pour les yeux. On roule, on roule, on roule et… on se fait rattraper. Il pleut, il pleut, il pleut! À demi découragés, on s’arrête pour un (plus que délicieux) chocolat chaud maison au Café Griffon. On se demande de quoi on avait l’air pour que le serveur demande à Marc-André s’il était le chanteur invité de la soirée.

Malheureusement, on n’est pas plus motivés de monter la tente sous la pluie que les jours qui précèdent, on est heureux d’apprendre qu’il reste une tente prospecteur de libre chez Griffon aventure. Au moins, on ne se réveillera pas les chaussettes mouillées. Le site est génial, en pleine nature. On y trouve des chalets étranges, dont un en forme de bateau échoué. Nous, on se contente de la chaleur du salon commun. Une grande véranda vitrée, remplie de fleurs comestibles et de plantes en train de grandir. C’est magnifique. Ah oui, pis pour les intéressés, il y a aussi une table de billard. On se fait des amis qui révisent les règles du traditionnel jeu de cartes québécois « Le trou d’cul » puis on se fait à souper avant de regagner notre tente et s’empresser de se glisser dans notre sac de couchage. Bien que celui-ci indique être confortable jusqu’à -7, on apprécie qu’un lot de grosses couvertes aux couleurs d’arc-en-ciel étaient incluses avec le lit. On estime la température du moment à 6 degrés. Entre deux petites ondées, même le feu de camp était gêné de rester allumé. On souhaite bonne nuit aux criquets et on est déjà endormis!

 

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